Grippe aviaire: les foyers britannique et hongrois seraient liés

LONDRES (Reuters) - L’analyse du virus H5N1 de la grippe aviaire découvert en Grande-Bretagne a montré qu’il était pratiquement identique du point de vue génétique à celui qui a été auparavant décelé en Hongrie, ont fait savoir mardi les autorités britanniques, selon lesquelles les deux foyers de contamination sont liés.

Budapest a en revanche assuré n’avoir découvert aucun élément confirmant cette hypothèse. Les autorités hongroises avaient déjà contesté ces derniers jours la piste, jugée la plus probable à Londres, d’une contamination due à des importations de viandes de volaille plutôt qu’au contact avec un animal sauvage.

L’épidémie de grippe aviaire qui s’est déclarée au début du mois dans un élevage du Suffolk, dans l’est de l’Angleterre, a entraîné l’abattage de 160.000 dindes.

"Il semble très peu probable qu’une souche affectant les oiseaux sauvages ait pu produire deux virus si étroitement liés", a estimé John McCauley, virologiste de l’Institut britannique de recherche médicale.

Si les deux foyers sont liés, souligne Londres, aucune infraction ou violation des normes sanitaires dans le transport de volailles entre la Hongrie et la Grande-Bretagne n’a été découverte et aucun vecteur de contamination n’a encore été formellement écarté.

Ayman al-Zawahiri appelle à l’union des musulmans dans une nouvelle cassette audio

LE CAIRE (AP) - Le numéro deux d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a appelé à l’union des musulmans dans une nouvelle cassette audio rendue publique par une organisation américaine chargée de pister les messages extrémistes sur Internet.

L’Institut SITE basé à Washington a rendu publique mardi la transcription de la cassette audio dont l’institut précise qu’elle a été interceptée sur des sites islamistes où ces messages sont généralement relayés.

Le numéro deux d’Al-Qaïda s’en prend aussi au président américain George W. Bush, affirmant qu’il a été alcoolique et qu’il est maintenant un menteur qui a joué avec les Américains en Irak et a perdu.

"Bush souffre d’une personnalité sujette à la dépendance, et il a été alcoolique. Je ne sais pas comment il est maintenant (…) mais celui qui examine sa personnalité trouve qu’il est dépendant à deux autres défauts: mentir et jouer", déclare al-Zawahiri.

Cet enregistrement a été retrouvé sur un site Internet souvent utilisé par des groupes d’insurgés.

Selon SITE, la branche multimédia d’Al-Qaïda, as-Sahab, affirme avoir produit la cassette de 41 minutes.

Sur cette cassette, al-Zawahiri met en garde l’Occident contre la montée en puissance des talibans en Afghanistan et appelle les musulmans du monde entier à l’union "qu’ils soient Afghans, Perses, Turcs et Kurdes", selon la transcription du SITE. AP

Deux fusillades aux Etats-Unis font au moins dix morts

SALT LAKE CITY (AFP) - Au moins dix personnes ont été tuées, dont deux assaillants, dans deux fusillades distinctes dans l’est et l’ouest des Etats-Unis, selon la police et les médias américains mardi.

Le premier drame s’est déroulé lundi soir dans un centre commercial géant de Salt Lake City (Utah, ouest), lorsqu’un immigré bosniaque de 18 ans a ouvert le feu au hasard sur la foule avec un fusil, tuant cinq personnes et en blessant quatre avant d’être abattu par les forces de l’ordre.
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Il a été intercepté par un policier de la ville voisine d’Ogden, qui n’était pas en service. Ce policier "a réussi à distraire l’attention (du tueur) et à le contenir jusqu’à l’arrivée d’autres policiers qui ont résolu le problème", a affirmé M. Burbank.

Le policier "était en train de dîner pour célébrer la Saint-Valentin avec un jour d’avance", a expliqué M. Burbank, le qualifiant de "héros". "Sa réaction rapide a permis de sauver la vie de nombreuses personnes", a-t-il dit.Le mobile du tueur n’était pas connu. Parmi les personnes qu’il a abattues figure une adolescente de 15 ans. Les quatre personnes blessées, dont deux étaient dans un état critique lundi soir, devraient survivre, selon la même source."Nous avons entendu les détonations, elles étaient très fortes, un de mes employés est revenu et a dit que c’était des coups de feu", a raconté Barbara Lund, gérante d’un magasin, à la télévision locale KSL5.Selon la chaîne, des centaines de personnes se trouvaient sur les lieux lorsque l’assaillant a commencé à tirer, et nombre d’entre elles se sont barricadées dans les magasins, des placards et même des réfrigérateurs pour se protéger.Un autre homme travaillant dans le centre commercial, Matt Lund, a raconté avoir été le témoin auditif des derniers moments du drame. "J’ai entendu des policiers crier +Lâchez votre arme, police, lâchez votre arme+, et ensuite on a entendu un grand nombre de coups de feu", a-t-il dit à KSL5.Les télévisions locales ont montré des dizaines de personnes, certaines emmitouflées dans des couvertures, prises en charge par les services de secours.A 3.000 km de là, à Philadelphie (Pennsylvanie, est), trois personnes ont été tuées lundi soir dans une fusillade, outre le tireur qui s’est suicidé, selon les médias américains.Un tireur isolé a ouvert le feu sur au moins quatre personnes avant de retourner son arme contre lui. Au moins trois des personnes visées ont été tuées, tandis qu’une quatrième a été admise à l’hôpital.La fusillade s’est déroulée dans un ancien chantier naval de la marine américaine, reconvertie en locaux commerciaux et en bureaux, selon CNN. Le tireur se serait suicidé après avoir échangé des coups de feu avec la police.Les fusillades mortelles dans des lieux publics sont relativement fréquentes aux Etats-Unis, où la Constitution défend le droit des citoyens à posséder des armes. La plus connue de ces dernières années reste celle du lycée Columbine à Littleton (Colorado, ouest) en avril 1999, quand deux adolescents avaient tué 12 lycéens et un professeur avant de se donner la mort.

 

Algérie: la branche d’Al-qaïda pour le Maghreb revendique les attentats en Kabylie

L’Algérie renoue de manière spectaculaire avec la violence terroriste

Sept attentats à la bombe et à la voiture piégée ont frappé tôt ce mardi la Kabylie. Bilan au moins 6 morts et 13 blessés. Quatre de ces attaques quasi-simultanées visaient des commissariats de police. L’attentat le plus meurtrier a dévasté la gendarmerie de Si Mustapha près de Boumerdès. L’explosion a creusé un cratère dans la chaussée et éventré plusieurs commerces. Ces attentats ont été revendiqués par les islamistes de l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat qui s’est rebaptisé le mois dernier Organisation Al-qaïda au Maghreb après s’être rallié à l’organisation terroriste d’Oussama ben Laden. Selon les autorités algériennes, ce groupe, fort de quelques centaines d’hommes, resterait le seul capable de mener des actions armées en Algérie.

Attentat anti-américain en Algérie: un mort, 9 blessés

Un attentat contre un bus transportant des employés d’une société américaine a fait dimanche un mort, le chauffeur du bus, et neuf blessés à Bouchaoui, à l’ouest d’Alger. Huit étrangers figurent parmi les blessés. L’attentat n’a pas été revendiqué.

 
Un bus a été atteint par une bombe artisanale qui a explosé à son passage, dimanche, près abrite la forêt de Bouchaoui, non loin d’Alger. Le véhicule reconduisait à l’hôtel Sheraton, sur la côte ouest d’Alger, les employés de la société américaine BRC (Brown Root and Condor), une filiale de la compagnie publique algérienne Sonatrach et de l’Américaine Halliburton.
 
Outre le chauffeur tué de nationalité algérienne, l’attentat a fait neuf blessés: un Américain, quatre Anglais, deux Libanais, un Canadien et un Algérien, selon un bilan officiel. Un des deux blessés libanais est « grièvement » atteint.
 
Aussitôt après l’explosion, des témoins ont affirmé avoir entendu une intense fusillade. Les forces de sécurité ont bouclé tout le quartier et se sont déployés dans un bois proche, la forêt de Bouchaoui, où les auteurs de l’attentat se seraient réfugiés. 
 
Pas de revendication
 
Selon le ministère de l’Intérieur algérien, « une enquête a été ouverte pour déterminer la nature et l’origine de cet engin explosif », alors que l’attentat n’a pas été revendiqué.
 
Officiellement, il n’y aurait plus qu’un seul groupe armé en activité en Algérie, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui aurait fait allégeance à al-Qaïda. Le GSPC compterait moins de trois cents hommes armés dans le pays, qui sont concentrés dans les régions forestières de Kabylie, à l’est de la capitale.
 
C’est le premier attentat depuis l’explosion le 29 octobre de deux voitures piégées devant les commissariats de police de Dergana et de Réghaia à l’est d’Alger. Ces deux attentats avaient fait trois morts et 24 blessés, selon le bilan officiel.

Double attentat meurtrier au Liban

BEYROUTH (Reuters) - A la veille du deuxième anniversaire de l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, un double attentat meurtrier a visé mardi deux autobus qui emmenaient à leur travail à Beyrouth des habitants de la région chrétienne de Bikfaya, au nord-est de la capitale.

De source proche des services de sécurité, on estime que l’explosion de bombes à bord des deux véhicules à quelques minutes d’intervalle a fait jusqu’à onze morts et une vingtaine de blessés. La police ne faisait état dans l’immédiat que de trois morts et 17 blessés, mais elle prédisait que ce bilan s’alourdirait.

DEUX ATTENTATS À BIKFAYA

La plupart des victimes se trouvaient à bord des deux bus des transports publics visés mais d’autres véhicules ont été détruits et des morceaux de corps jonchaient le tronçon de la route de montagne où le double attentat a été commis, à 25 kilomètres de la capitale.

La zone de Bikfaya est le fief de l’ancien président Amine Gémayel, patriarche d’un clan chrétien qui soutient la coalition gouvernementale anti-syrienne de Fouad Siniora au sein de laquelle son fils Pierre, exécuté en novembre par des tueurs, était ministre de l’Industrie.

Ce nouvel attentat - on en a dénombré une quinzaine au Liban depuis la mort de Hariri - intervient alors que les factions soutenant le cabinet Siniora s’apprêtent à marquer le deuxième anniversaire de son assassinat par un rassemblement massif à sa mémoire mercredi sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth.

Et ce, en dépit des risques de heurts avec les militants de l’opposition pro-syrienne qui campent depuis deux mois et demi devant le Grand Sérail, le siège du gouvernement, non loin de là, pour tenter d’obtenir la démission de Siniora.

"MALEDICTION"

Selon le député anti-syrien Samir Frangié, le double attentat de mardi vise à contrecarrer ce rassemblement à la mémoire de Hariri, assassiné alors qu’il venait de se rebeller contre la tutelle syrienne sur le Liban.

"La malédiction jetée sur le Liban n’est pas encore levée. Dans le monde, les messages prennent la forme verbale ou écrite. Au Liban, ils sont écrits en lettres de sang", a estimé pour sa part Karim Pakradouni, un des dirigeants du Parti phalangiste de Gemayel.

Ce nouveau coup porté à l’apaisement au Liban intervient aussi alors qu’un vent d’optimisme nouveau s’était exprimé lundi quant aux chances de mise sur pied d’un tribunal international pour juger les responsables présumés de l’assassinat de Hariri.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui joue les intermédiaires entre la coalition de Siniora soutenue par l’Arabie saoudite, et l’opposition emmenée par le Hezbollah et soutenue par la Syrie, s’était dit confiant que les désaccords sur "la composition de la cour et ses modalités de fonctionnement" seraient "réglés bientôt".

Fouad Siniora lui-même a estimé lundi l’on s’acheminait vers une solution tandis que Hassan Fadallah, un des leaders du Hezbollah, parlait de "portes politiques qui s’ouvrent" et invitait la coalition au pouvoir à "ne pas rater cette occasion".

Les chefs des factions appartenant à la coalition accusaient jusque-là l’opposition de faire obstruction à la constitution du tribunal pour éviter la mise en cause de la Syrie dans l’assassinat de Hariri.

Pour sa part, la Syrie et ses alliés libanais disaient vouloir éviter que la cour ne devienne un instrument dans les mains de leurs adversaires politiques pour régler leurs comptes avec le régime de Damas, qui a dû retirer précipitamment ses troupes du Liban il y a deux ans devant l’émotion suscitée par l’assassinat de Hariri.

"REVOLTANT"

Une des solutions en cours de discussion prévoirait d’abord la formation d’un gouvernement d’union nationale et ensuite seulement la mise sur pied du tribunal, lorsque l’Onu aura achevé son enquête, qui l’a conduite à plusieurs reprises à Damas.

Ultérieurement, une élection présidentielle serait organisée pour remplacer Emile Lahoud, accusé d’être l’homme lige de Damas à Beyrouth, et des législatives suivraient pour réactualiser le rapport de force, dont le Hezbollah affirme qu’il s’est modifié à son avantage depuis la guerre de l’été dernier au Sud-Liban.

"Chaque fois que la possibilité de solutions pratiques s’esquissent entre les factions libanaises pour renforcer leur unité, les ennemis du Liban se précipitent pour commettre un nouveau crime contre des innocents", a déclaré Lahoud après l’attentat de mardi.

Pour sa part, le ministre des Télécommunications, Marouane Hamadeh, personnalité politique anti-syrienne qui a elle-même échappé à un attentat, a estimé qu’il ne fallait pas renoncer à résoudre la crise politique libanaise.

"Au contraire, cet attentat doit encourager chacun à s’engager avec plus de détermination sur la voie du dialogue", a-t-il dit.

A Paris, le président Jacques Chirac s’est déclaré révolté par le double attentat de mardi et estimé, dans un lettre adressée à Siniora, que, à la veille du deuxième anniversaire de Hariri, "c’est le Liban toute entier que les assassins veulent replonger dans la violence".