Bouclier antimissile américain: Moscou va renforcer son système de missiles

SEVILLE 2007 (AFP) - La Russie a prévenu, vendredi dans le cadre d’une réunion avec l’Otan à Séville (sud), qu’elle allait renforcer son système de missiles intercontinentaux en réponse au bouclier anti-missiles que les Etats-Unis veulent installer en Pologne et en République tchèque.

"Nous allons devoir suivre en donnant une réponse asymétrique qui consistera à développer notre propre système stratégique (de fusées intercontinentales, ndlr) car nous devons avoir la capacité de battre tout système anti-missiles", a indiqué vendredi le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov à l’issue d’un Conseil Otan-Russie informel avec ses 26 homologues de l’Alliance atlantique.

est menaçant pour personne" et "nous n’allons pas jouer le jeu de la course aux armements", a-t-il relativisé.

"Mais nous voulons avoir la certitude de n’être dans aucune circonstance soumis à des pressions politiques ou militaires", a-t-il souligné. Washington a demandé en janvier à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier anti-missiles américain, s’attirant immédiatement les protestations les plus énergiques de Moscou. Pour parer à d’éventuelles attaques en provenance notamment d’Iran, le Pentagone souhaite déployer un radar en République tchèque et dix intercepteurs en Pologne d’ici à 2011-2012. En marge de la réunion de l’Otan qui s’est achevée vendredi à Séville, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a tenté de persuader M. Ivanov que ce système "ne représentait pas une menace pour la Russie". M. Ivanov a reconnu lui-même que "la sécurité de la Russie (n’allait) pas être menacée par la présence de dix missiles intercepteurs" en Pologne. Mais "on se demande quand même ce qu il y a derrière tout cela" car ce système anti-balistique censé être dirigé contre la Corée du Nord et l’Iran n’a, du point de vue de la Russie, aucune justification technique. Le ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a loué la "capacité d’écoute" de son collègue américain qui l’a interrogée, lors d’un entretien bilatéral, sur son "analyse de la situation au Liban". Le ministre français ne fait pas mystère de ses relations parfois houleuses avec le prédécesseur de M. Gates, Donald Rumsfeld, et note dans ses contacts américains "des changements d’attitude". La réunion de Séville a été par ailleurs largement dominée par la question de l’engagement de l’Otan en Afghanistan alors que le commandement militaire de l’Alliance a réclamé des troupes supplémentaires pour faire face aux attaques croissantes des talibans, ce qui a provoqué le scepticisme de plusieurs pays européens. Le thème du Kosovo a également été largement débattu, une semaine après l’annonce par l’émissaire de l’ONU, Martti Ahtisaari, d’une proposition de futur statut, proche de l’indépendance pour cette province serbe. M. Ahtisaari prévoit de soumettre son plan au Conseil de sécurité de l’ONU vers la fin mars. La Russie, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité, a souligné qu’elle n’accepterait aucune décision sur le Kosovo qui ne soit admise par les autorités serbes. Or, celles-ci rejettent le plan Ahtisaari. Le ministre russe Ivanov a réaffirmé vendredi l’opposition de Moscou à l’indépendance du Kosovo. "Il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore" de l’indépendantisme, a-t-il mis en garde.

Berdimoukhamedov, un Turkmène qui vise la présidence

ACHGABAT (Reuters) - Déjà considéré comme le prochain président du Turkménistan, Kourbagouli Berdimoukhamedov a survécu avec discrétion à dix ans de remaniements ministériels dans un pays singulièrement peu ouvert sur l’extérieur.

Quasiment assuré de succéder dimanche à l’ex-président à vie Saparmourat Niazov, décédé en décembre, Berdimoukhamedov s’est dit prêt à poursuivre son action mais a également promis des réformes qui devraient inaugurer une époque nouvelle.

Cet ancien dentiste de 49 ans a occupé différents postes au ministère de la Santé de l’ex-république soviétique jusqu’en 1997, année où Niazov l’a nommé à la tête du ministère. En 2001, il accédait au poste de vice-Premier ministre chargé de l’Education, des sciences et de la santé.

Durant cette période, il a dû accepter des coupes claires ordonnées par Niazov dans les soins de santé comme dans l’éducation - mesures dont il laisse entendre à présent qu’elles seront en partie annulées.

Niazov, de plus en plus excentrique au fil des années, en était venu à se présenter comme le "Turkmenbachi" (père des Turkmènes), passant commande de statues dorées de sa propre personne et limogeant ses ministres devant les caméras de télévision à un rythme accéléré.

Après la mort de Niazov, Berdimoukhamedov s’est promptement assuré les fonctions de chef de l’Etat par intérim avec le soutien apparent de l’armée et des services de sécurité, passant outre à une disposition constitutionnelle qui confère la charge de l’intérim au président du Parlement.

Il a accepté d’être investi selon un mode tout soviétique par la plus haute instance législative, le Halk Maslakhati (2.800 sièges), comme candidat à la présidence - face à cinq concurrents ayant eu droit à des cérémonies d’investiture beaucoup plus modestes.

"C’était un de nos interlocuteurs réguliers", dit de lui un diplomate en poste à Achgabat. "Lors de ces réunions, il ne se posait pas en grand homme d’Etat, ni même en grand démocrate, mais si ces tendances étaient en lui, il ne serait pas resté longtemps au gouvernement sous Niazov (en les affichant)."

Ce même diplomate note que depuis qu’il est devenu président par intérim, il a continué d’habiter sa maison dans un quartier résidentiel d’Achgabat plutôt que de s’installer sous les ors du palais présidentiel, joyau du programme de reconstruction de Niazov dans cette capitale du désert.

Si les observateurs constatent qu’il a donné peu d’indices de l’orientation qu’il entend donner au Turkménistan et à ses vastes réserves de gaz naturel, certains notent qu’il est en tout cas plus au fait de la vie quotidienne.

"Il vit comme quelqu’un de normal", dit le diplomate. "Il a une grande famille où tout le monde mène des vies normales (…) A mesure que Niazov gagnait en paranoïa, je l’imaginais se cognant la tête dans son palais où il n’avait personne à qui parler."

A Mantoue, les restes d’un couple enlacé enterré il y a quelque 6.000 ans

ROME (AFP) - Des archéologues italiens ont mis au jour près de Mantoue (nord) les restes d’un couple enlacé, probablement un homme et une femme, enterrés il y a quelque 6.000 ans, a indiqué mercredi à l’AFP Elena Menotti, qui a dirigé les recherches.

Découverts lundi lors de travaux dans une zone industrielle, les deux squelettes se font face et leurs fronts se touchent presque, leurs bras et leurs jambes sont emmêlés dans une ultime étreinte. "Nous avons trouvé ces deux individus enlacés dans une sépulture néolithique. Nous supposons que ce sont un homme et une femme, les tests ADN devraient pouvoir nous éclairer d’ici quelques mois. D’après les premières observations, ils étaient jeunes car leur denture est complète et présente peu de signes d’usure", a expliqué Elena Menotti. "Tout le monde se demande évidemment pourquoi ils ont été enterrés enlacés. Je pense pour ma part que c’est le témoignage d’un grand sentiment d’amour qui a traversé le temps. Car quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été mis en terre dans les bras l’un de l’autre, c’est qu’il y avait un sentiment entre eux", a souligné Mme Menotti. L’archéologue réfute ainsi toute idée d’une femme sacrifiée pour être enterrée aux côtés de son mari décédé de mort naturelle: "dans ces cas baptisés les +sacrifices de la veuve+, la femme est mise en terre aux côtés de l’homme et non pas dans ses bras", a-t-elle précisé.

REQUIN LUTIN

TOKYO (AFP) - Un rare spécimen de requin lutin, très mal connu par les scientifiques, a été capturé vivant dans la baie de Tokyo mais est mort trois jours plus tard.

Le 25 janvier dernier, l’équipe du "Tokyo Sea Life Park" se trouvait à bord d’une embarcation en compagnie de pêcheurs lorsqu’ils ont découvert ce requin, pris dans les filets, à quelque 150 à 200 mètres de profondeur. "Nous avons pu le transporter vivant dans un aquarium et le montrer au public", a déclaré un responsable du parc. Mais le squale, qui possède un museau allongé en forme de lame, est décédé le 27 janvier au matin. "Des requins lutin sont capturés de temps en temps mais sont rarement vus vivants. Nous avons pu enregistrer des données sur sa façon de nager. Après sa mort, nous avons disséqué le spécimen afin d’approfondir notre connaissance" de l’espèce, a ajouté le responsable. Le spécimen capturé mesurait environ 1,3 mètre de long. Il évolue dans des grandes profondeurs dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique. Fin janvier, l’équipe d’un autre parc aquatique près de Tokyo avait pu filmer un autre très rare spécimen de requin lézard, une espèce fossile qui n’a pas changé depuis des millions d’années.