Nasrallah exhorte les Libanais à se mettre en grève, Siniora à ignorer l’appel de l’opposition

 

BEYROUTH (AP) - A la veille de la journée test de mardi, le u début de la grève générale annoncée par le Hezbollah, le chef spirituel du Parti de Dieu libanais Hassan Nasrallah a exhorté la population à suivre l’appel à la grève générale lancé par l’opposition pour renverser le gouvernement. Quelques heures plus tôt, le Premier ministre Fouad Siniora avait lui demandé aux Libanais d’ignorer cet appel.

La participation mardi est devenue un test pour les deux camps. Et même s’ils affirment tous deux vouloir éviter la violence, la tension est forte entre leurs partisans.

"Le Hezbollah vous appelle tous à participer de manière efficace et puissante à la grève décrétée par l’opposition", a lancé Cheikh Nasrallah devant quelque miliers de manifestants réunis dans la banlieue sud de Beyrouth lundi soir. Il a cependant appelé les partisans du Parti de Dieu au calme: "Nous ne voulons combattre personne. Nous ne voulons pas de bain de sang".

"Si cette équipe reste au pouvoir, nous allons vers l’effondrement économique", a ajouté le patron du Hezbollah, qui parlait derrière une vitre pare-balles.

"Nous appelons tous les Libanais à ignorer" cet appel, a quant à lui déclaré Fouad Siniora lors d’une conférence de presse. Il a également fait un geste en direction de l’opposition, réitérant sa proposition d’accepter certaines de ses demandes pour la formation d’un gouvernement. Avant d’accuser le Hezbollah d’attiser la peur, et de vouloir donner au monde "une image dérangeante du Liban".

L’appel à la grève générale intervient à trois jours de l’ouverture à Paris, le 25 janvier, de la conférence internationale des donateurs pour financer la reconstruction du Liban, dont l’économie est en ruines après la guerre entre Israël et le Hezbollah qui a dévasté le pays l’été dernier. L’opposition et les syndicats ont rejeté les propositions de réformes qui doivent entrer en vigueur en 2008.

L’opposition a dénoncé cette conférence, jugeant que les quelque cinq milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) que le gouvernement de Beyrouth espère y obtenir ne feront qu’aggraver encore la dette extérieure et affaiblir l’économie.

La manifestation est organisée à l’appel du Hezbollah, du mouvement chiite Amal et du Courant national patriotique du général chrétien maronite du général Michel Aoun. Proche de l’opposition, la fédération des syndicats libanais, forte de 350.000 adhérents, a elle aussi appelé à la grève générale, contre les projets de hausses fiscales du gouvernement de Fouad Siniora.

L’opposition réclame la formation d’un gouvernement d’union nationale accordant une place accrue au Parti de Dieu et à ses alliés, avec un droit de veto. Le Premier ministre refuse de démissionner. Les six ministres de l’opposition ont quitté le gouvernement en novembre. Leurs sympathisants campent devant les bureaux de Siniora dans le centre de Beyrouth et ont participé à plusieurs manifestations depuis le 1er décembre. AP

Les réactions politiques à la mort de l’abbé Pierre

PARIS (AP) - "Une immense figure", "une incarnation de la bonté", "un homme de coeur et d’engagement", "un homme qui a marqué le siècle": la classe politique a salué unanimement la mémoire de l’abbé Pierre décédé lundi matin à l’âge de 94 ans. Voici les principales réactions politiques: - Le président de la République Jacques CHIRAC "C’est la France entière qui est touchée au coeur". "Elle perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté". Il "représentera toujours l’esprit de révolte contre la misère, la souffrance, l’injustice et la force de la solidarité". - L’ancien président de la République Valéry GISCARD D’ESTAING "Je demande qu’on lui fasse des obsèques nationales". "La France ne sera plus la même sans l’abbé Pierre". - Le Premier ministre Dominique de VILLEPIN Le chef du gouvernement a salué "la mémoire d’un homme de coeur et d’engagement, qui a montré à tous le chemin vers les plus démunis". - Le ministre de l’Intérieur et candidat de l’UMP à la présidentielle Nicolas SARKOZY: Le "coeur de la France est en berne". "Pendant plus d’un demi-siècle, l’abbé Pierre a invité les Français à ne jamais baisser le regard, ni les bras, devant la misère humaine. Son combat peut se résumer à un message plus actuel que jamais: celui de la dignité". - Le ministre de Logement et de la cohésion sociale Jean-Louis BORLOO: "Le plus bel hommage sera le vote prochain par les parlementaires, dont il fut, de la loi sur le logement opposable, une loi qui pourrait porter son nom, une manière de maintenir toujours vivante sa mémoire et son action" "à l’homme qui a passé sa vie au service des autres". - Le ministre des Affaires étrangères Philippe DOUSTE-BLAZY: L’abbé Pierre a "donné une figure et un visage à l’humanisme". - La ministre de la Défense Michèle ALLIOT-MARIE: "Avec la disparition de l’abbé Pierre, c’est, au-delà de l’homme de foi, un combattant qui vient de s’éteindre". - Le président de l’UDF François BAYROU: C’est un homme qui a marqué le siècle et aussi le début de ce siècle" avec la création d’"Emmaüs une oeuvre humaine formidable". - La candidate socialiste à la présidentielle Ségolène ROYAL: "Le combat de sa vie au service des plus démunis reste hélas! d’actualité en cet hiver 2007. Son esprit de révolte doit se poursuivre pour apporter à tous la sécurité et la dignité du logement". - Le premier secrétaire du Parti socialiste François HOLLANDE: "Le meilleur hommage que l’abbé Pierre puisse recevoir, c’est la mise en oeuvre d’une politique du logement garantissant effectivement un toit et une dignité pour chacun. C’est le devoir des socialistes". - L’ancien Premier ministre socialiste Laurent FABIUS: "L’abbé Pierre a été au plus profond et au meilleur de nos coeurs. Je souhaite que sa place soit désormais au Panthéon". - Le maire de Paris Bertrand DELANOE: "Le fondateur d’Emmaüs restera l’homme de l’hiver 54, engagé dans un combat inlassable pour le respect de la dignité et le droit de chacun à disposer d’un toit". - La candidate communiste à la présidentielle Marie-George BUFFET: Une "grande figure dont le combat a marqué notre époque". Son combat "reste d’une terrible actualité". - Le président du Front national Jean-Marie LE PEN: "A 94 ans, il faut s’attendre quand même à la disparition de cette terre". "Il a fait un beau parcours, il peut être satisfait. Il montera certainement au ciel directement". - La secrétaire nationale des Verts Cécile DUFLOT: "Il a toujours veillé, au-delà de son engagement personnel au service des sans-voix, à ce que celui-ci s’inscrive dans une dynamique collective pour que son action lui survive". - La candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle Arlette LAGUILLER: "La mort de l’abbé Pierre suscite, à juste titre, une grande émotion dans l’opinion". "Cela fait plus d’un demi-siècle qu’il a, en 1954, hurlé contre le fait que lors d’un hiver terrible, des miséreux mouraient dans la rue".