GLASGOW (AFP) - L’entraîneur des Glasgow Rangers, Paul Le Guen, a quitté jeudi ses fonctions par "consentement mutuel" après seulement sept mois en poste et sur un fiasco sportif.
Dans le communiqué annonçant le départ du Français, les Rangers ont renforcé l’humiliation en relevant que Le Guen resterait comme le plus éphémère de l’histoire du club.
Le Français s’est limité à faire état de sa "déception" après 31 matches en poste et sept défaites, et sur une deuxième place, très loin derrière le Celtic (17 points).
L’annonce de son arrivée, intervenue dès mars 2006, a pourtant suscité de grandes espérances parmi les supporteurs, alléchés par les trois titres de champion de France de Le Guen avec Lyon.
Si certains regrettent alors que le club des protestants de Glasgow ait choisi un homme de Bretagne, région française de forte tradition catholique, la plupart est convaincue que Le Guen ramènera l’équipe au niveau du rival du Celtic.
Cet espoir a été vite douché. A l’heure d’aborder son premier "Old Firm" contre le Celtic en septembre, les Rangers comptent déjà dix points de retard et restent sur une défaite face au modeste Hibernian.
"Si le match contre les Hibs n’est pas le point le plus bas de notre saison, alors il faut vraiment que je m’inquiète", reconnaît alors Le Guen qui ne sait pas alors que le pire reste à venir.
La défaite méritée face au Celtic (2-0) renforce les doutes des supporteurs, insatisfaits des recrues du Français (Sebo et Svensson notamment), accusé de privilégier les non-Ecossais. Son utilisation parcimonieuse de l’attaquant Kris Boyd et la préférence qu’il donne au gardien Lionel Letizi aux dépens d’Allan McGregor, sont critiquées dans la presse.
En novembre, une piteuse élimination de la Coupe de la Ligue, à domicile, par une équipe de 2e division, Saint-Johnstone ("un des pires matches de ma carrière", reconnaît Le Guen), suscite une manifestation de supporteurs. Désormais, à Ibrox Park, les "Le Guen out" font florès.
Beaucoup lui reprochent de ne pas s’adapter aux réalités du football écossais, de vouloir pratiquer un jeu trop compliqué, au-dessus des moyens de ses joueurs.
Le très populaire capitaine, Barry Ferguson, rallie à lui les joueurs locaux, mine l’autorité du Français dans le vestiaire, exprime publiquement son désaccord en décembre.
Le Guen finit par lui retirer son brassard le 1er janvier, après une nouvelle défaite contre Inverness. Cette décision, Le Guen sait qu’elle "n’est pas populaire" et le place dans une situation "précaire". Elle va lui offrir une poste de sortie d’un club devenu un piège.
Le poids de Ferguson dans le club est tel que cette crise ne semble devoir se dénouer que par le départ de l’un ou de l’autre. Le sélectionneur de l’Ecosse, Walter Smith, cité parmi les successeurs potentiels de Le Guen, soutient publiquement Ferguson.
Cette fois, après l’avoir conforté en novembre, le président David Murray, qui aurait en vain demandé à Le Guen de rétablir Ferguson dans ses fonctions jeudi, lâche son entraîneur.
Les joueurs français, comme Brahim Hemdani, Jeremy Clément, Jose Pierre-Fanfan, Lionel Letizi ou Julien Rodriguez, risquent de faire les frais du départ de leur compatriote. Certains pourraient l’imiter durant la période des transferts.
Sa démission donne a posteriori raison à ceux qui s’étaient étonnés du choix de Le Guen de rejoindre, après une année sabbatique, les Rangers, club glorieux mais déclinant. Elle risque de relancer les rumeurs sur une arrivée de Le Guen au Paris SG.